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Battant : la statue du marquis bientôt déboulonnée pour cause de tram !

Voici un petit bout de Besançon que vous reconnaissez sans doute.
Le pont Battant, le quai Vauban, les premières maisons de la Grande rue – tout cela c’est du « par coeur » pour tous les Bisontins.

Pourtant ce paysage semble bien vide. Il manque un élément familier. Quelque chose ou plutôt quelqu’un.
Presque quelqu’un.

Vous y êtes ? Abracadabraaaaaa le revoilà !

Déjà 13 ans que le marquis Jouffroy d’Abbans tourne le dos à la place qui porte son nom.
Par modestie ? Du tout. Notre homme – ou plutôt sa statue – observe patiemment le Doubs depuis son coin de trottoir sur le quai, tout près du pont Battant.
Trop près sans doute… car cette proximité va lui coûter sa place.

deux années sabbatiques et un déménagement

Dans quelques semaines il quittera son emplacement pour ne plus jamais y revenir. Il sera déboulonné et disparaitra durant deux années dans le sous-sol de l’église toute proche. Il réaménagera ensuite un peu plus loin.

Explication : les travaux du tramway débuteront à l’automne sur le quai Veil-Picard. Le dévoiement nécessitera notamment d’enlever la statue que l’on a prévu de remiser durant deux ans.
A l’issue de cette période, elle ne pourra pas être réinstallée au même endroit car le nouveau pont sera plus large et une voie cyclable longera le quai.
Notre cher marquis trouvera donc refuge sur le nouveau pont Battant – troisième du nom – d’où il pourra à nouveau observer la rivière.
Toutes ces informations seront à lire dès lundi dans le BVV de septembre… petite exclusivité donc.
Extrait :

Mais pourquoi se priver du marquis durant deux années ?

La statue du marquis est fixée à même le sol, sans piédestal. C’est d’ailleurs la grande originalité de cette oeuvre que de se situer « au niveau des passants » et d’être à la fois réaliste et à taille humaine. Il s’agit également de la « marque de fabrique » de Pascal Coupot – le sculpteur qui l’a créée en 1998.
A priori donc pas de difficulté technique majeure pour déplacer notre marquis et le réinstaller temporairement un peu plus loin, dans une zone épargnée par les travaux du tramway.
A l’évidence, ce n’est pas la solution retenue par la Ville de Besançon… Dommage car cette statue, si populaire auprès des Bisontins, est aussi une « attraction » au succès toujours garanti auprès des touristes de passage.

double peine

Comble de l’ironie : le vrai marquis Jouffroy d’Abbans passa presque deux ans en cellule entre 1772 et 1773 pour de sombres raisons de rivalité amoureuse l’opposant au Comte d’Artois (sacré marquis !)
Il sut mettre à profit cette période d’enfermement pour étudier les mouvements des navires. Ce fût la genèse de l’idée du bateau à vapeur dont il fut l’inventeur et qu’il testa pour la première fois sur le Doubs.
Voilà pourquoi notre marquis regarde avec tant de mélancolie le fil de la rivière…

La science anecdotique : livre de lecture et d'étude - Félix Hément, 1889

une page Facebook pour le marquis

Alors ? Ne serait-il pas possible de lui trouver une petite place à notre marquis ?
Deux ans de placards quand on a déjà injustement purgé deux ans de prison : c’est une véritable double peine !

Voici une page Facebook spécialement créée pour demander à la municipalité que cette possibilité soit étudiée de près.
Plus nous serons nombreux et plus nous aurons de chance d’éviter deux ans de cave à notre cher marquis… Faites tourner s’il vous plaît !


Vous pouvez également donner votre avis dans les commentaires ci-dessous.

Et les arbres du quai Veil-Picard ?

On en a déjà tellement parlé qu’on finissait presque par croire que leur fin programmée n’était qu’un mauvais rêve, que ça n’arriverait pas. Pourtant cette fois, c’est annoncé, les platanes du quai vivent probablement leurs dernières semaines.

A l’automne – comme indiqué ci-dessus – les travaux commenceront sur le quai Veil-Picard. Sans doute que l’on attendra que les platanes soient naturellement allégés de leurs feuillages puis les tronçonneuses entreront en action…
Le quai semblera bien nu tant que les nouveaux arbres n’auront pas été replantés.

décryptage

Voici un article du BVV que vous trouverez dans votre boîte à lettres lundi matin.

Remarquez deux éléments qui illustrent la manière dont on s’y prend pour tenter de faire passer une pilule trop amère :

  1. « Eviter d’informer le patient sur l’amertume de la pilule mais mettre en avant les bienfaits de cette dernière » : la coupe des platanes n’est pas évoquée mais dans la légende de l’image, on n’oublie pas d’évoquer la « plantation de nouveaux arbres » .
    Pourtant l’un n’ira pas sans l’autre.
  2. « Donner de chouettes couleurs à notre pilule afin de la rendre plus appétissante (le bleu turquoise est parfait) » : ici, on ajoute systématiquement une majuscule au mot « Tramway »…

Vous voulez en savoir plus sur le marquis Claude François Jouffroy d’Abbans ? Voici le chapitre intégral qui lui est consacré dans un ouvrage de 1889 (La science anecdotique : livre de lecture et d’étude – Félix Hément) consultable sur Gallica.

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A voir sur le Net

Camille et Claude, un amour platanique

Le premier jour

Camille : – Je n’oublierai jamais ce matin-là – sans doute le pire moment de mon existence. Ils m’ont glissée de force dans ce sol inconnu – la terre était froide…
Tout autour, ce n’étaient que coups de pioches, voix rigolardes d’hommes indélicats et heurts des sabots des chevaux contre le pavé poussiéreux.
Ça m’a semblé une éternité.
Lorsque tout s’est enfin arrêté, j’ai perçu un tumulte assourdissant : l’eau de la rivière.
C’était au printemps et le Doubs était bien haut. Il charriait des branches et des troncs – nos frères. J’étais terrorisée, pensant que l’eau viendrait sans doute me prendre moi aussi.
Si jeune et tellement craintive, j’en souris aujourd’hui. Comprenez bien que tout était nouveau pour moi et la nouveauté m’effrayait. Et puis cette implacable solitude qui s’annonçait : mon destin d’arbre…
Heureusement, Claude était là.
Je l’apercevais pour la première fois, tout près de moi ; il venait aussi « d’emménager ».
Il était jeune, le tronc lisse et son feuillage demeurait encore rare. Sa présence m’a tout de suite rassurée. Dès cet instant, j’ai éprouvé l’envie – ou devrais-je dire le besoin – d’être au plus près de lui.
Je crois que c’était le plus beau jour de ma vie.

Claude : – Quelques feuilles – une dizaine tout au plus – sur le sol devant moi. C’est la première chose que j’ai vue après avoir été « enterré » là par ces types brutaux chargés de nous « installer ». C’était de petites feuilles d’un vert si tendre, d’une découpe si délicate… J’ai su immédiatement que ce n’étaient pas les miennes.
J’ai alors cherché leur propriétaire et c’est là que j’ai découvert Camille ; elle était à quelques pas de moi. Fraîchement enracinée, elle aussi. Elle paraissait perdue et totalement vulnérable.
Ma sève n’a fait qu’un tour. J’ai pensé ramasser ses feuilles et les lui rapporter – « Mademoiselle, vous avez égaré… »
C’est là que j’ai compris ce qu’être un arbre veut dire. On demeure là où l’on nous plante. Bouger…
Les feuilles sont restées sur le sol et avec Camille, nous ne nous sommes plus jamais éloignés l’un de l’autre, ni rapprochés d’ailleurs.
Ces quelques pas entre elle et moi sont devenus notre océan à nous. Un océan infranchissable.

BisonTeint : – Vous utilisez « elle » et « lui » quand vous parlez l’un de l’autre.
Pardonnez-moi mais, les platanes comme tous les arbres et comme l’ensemble des végétaux d’ailleurs, n’ont pourtant pas de sexe…

Claude : – « Le » caillou et « la » pierre n’en ont pas non plus…

Camille : – Pas de sexe donc pas de sentiments, c’est cela que vous pensez ? Pourtant l’attirance, la connivence était là dès le début entre nous. Comment vous expliquer…

Le complice

BisonTeint : – Peut-on parler d’amour entre deux platanes ?

Claude : – En fait, ce mot et cette idée nous étaient complétement étrangers jusqu’à ce jour d’été. C’était quelques temps avant la guerre – la Grande comme ils disent. Celle qui a vidé les rues de Besançon de tous les hommes jeunes durant de nombreuses saisons. Tu t’en souviens Camille ?

Camille : – Je me le rappelle. C’était un jour pluvieux. Ils l’ont amené dans une charrette tirée par un cheval. Ils l’ont posé là, juste entre Claude et moi, ils l’ont fixé au sol et il n’a plus bougé. Comme nous.

Claude : – C’était un banc. Il était vert. Avec Camille, nous l’avons d’abord haï. Rendez-vous compte : à cette distance entre nous s’ajoutait désormais cet obstacle, cet intrus, ce corps étranger inerte fait de bois mort et de ferraille…

Camille : – Les premières années, il n’a pas beaucoup servi. Quelques vieux s’y reposaient parfois. La plupart semblaient attendre la fin de la guerre – le retour de leurs fils. Beaucoup ont espéré en vain.
Quand la guerre s’est enfin achevée, nous avons vu venir sur le banc des couples. Nous les avons regardés s’enlacer, se prendre la main, se caresser et s’embrasser. Nous avons ressenti leurs souffles, perçu leurs murmures et leurs confidences.
Certains nous ont même associés à des serments que nous conservons gravés ici et là.

Claude : – Dès lors, le banc a cessé d’être un obstacle pour devenir notre complice. Nous vivions par procuration les histoires d’amour qui y naissaient, y murissaient et s’y éteignaient parfois…

Camille : – Pour moi, les ruptures… après toutes ces années, c’est toujours aussi triste. Je ne m’y habituerai jamais. A chaque fois, j’y laisse des feuilles. On pleure ce qu’on peut.

Claude : – Camille… mon écorcée vive.

Camille : – Je sais… une incorrigible romantique. Claude me taquine souvent avec ça…

Le désir

BisonTeint : – Donc l’exemple de ces amoureux vous a en quelque sorte « inspirés » ?

Claude : – Oui. Et nous y avons pris goût et avons commencé à ressentir des émotions a priori peu banales chez nous les arbres.
En automne, par exemple. Le grand effeuillage annuel nous a rendu, au fil des années, de plus en plus pudiques (…)

Camille : – Et le printemps. J’adore le printemps ! Nos premières feuilles, nos branches qui s’étirent, s’allongent pour s’effleurer enfin ! Toute l’année nous attendons ce moment.

Claude : – Vous semblez surpris ? Vous ne levez pas souvent les yeux n’est-ce pas ? Les arbres se frôlent au printemps ; soyez attentifs. Leurs feuillages s’entremêlent. C’est réconfortant après un hiver long de se sentir moins seul.

Camille : – Mais cet ersatz ne nous satisfaisait plus. Nous voulions être comme ces amoureux sur le banc. Nous aimer sans distance…

BisonTeint : – L’amour donc ? Mais un amour trop platanique platonique à votre goût…

Camille : – Oui. Cette époque était terriblement frustrante.

Claude : – Mais c’est oublié aujourd’hui…

La maturité

BisonTeint : – Dois-je comprendre que votre grand âge a eu raison de l’attirance physique ?

Claude : – Nullement, bien au contraire. La maturité l’a même exacerbée. Nous ne nous sommes jamais résignés et nous avons fini par trouver comment nous y prendre… tout en protégeant au mieux notre intimité.

BisonTeint : – Vous m’intriguez énormément. Comment vous y êtes-vous pris ?

Camille : – Ça me gêne d’en parler…

Claude : – Je veux bien vous révéler une part invisible de notre histoire.
Voyez-vous, n’ayant pas notre place sur le banc, nous nous sommes rejoints…

Camille : – …en dessous.

BisonTeint : – Incroyable ! Jamais je n’aurais imaginé…

Claude : – Nous profiterons jusqu’au bout de cette chance d’être ensemble.

Camille : – D’autant que nous savons que ce printemps sera le dernier. Les gens en parlent sur le banc…

BisonTeint : – Je n’osais pas vous en parler…

Claude : – Mais nous n’avons pas peur. Nous serons abattus ensemble. Nos troncs et nos branches formeront enfin le même bois.

BisonTeint : – Et les 85 autres platanes du quai, prennent-ils cela avec la même philosophie ?

Camille : – Les autres ?

Claude : – Quels autres ?

J’ai quitté Camille et Claude en pensant que s’assoir sur un banc entre deux platanes n’a décidément rien d’anodin.
Je les ai laissés entre eux sur ce quai Veil Picard ou tant d’histoires petites et grandes restent à raconter, pour peu que l’on s’arrête, observe et écoute.

Camille est Claude ont été abattus le lundi 23 janvier 2012.

Quelques photographies de Camille et de Claude.

Camille et Claude ont accepté de laisser leur pudeur de côté pour se livrer à mon objectif. Vous l’aurez compris, entre ces deux platanes rien n’est innocent. Innocentes, ces images ne le sont pas non plus. Certaines sont pour le moins érotiques. Soyez prévenus et faites-en bon usage…

Et si le tramway du Grand Besançon… s’habillait couleur platane ?

Quoi ? T’es pour le tram toi ? T’aimes pas les platanes alors ?

Forcément…

Ou bien :

Tu kiffes les platanes ? C’est ringard. Le tramway ça c’est d’la bombe !!!

Évidemment…

Et vous ? Avez-vous choisi votre camp ?

Quoi ? Non !? Il faut absolument vous positionner et fissa ! Parce qu’entre amis, avec les collègues ou autour du poulet dominical, le sujet arrivera tôt ou tard sur le coin de la table. C’est inévitable et l’on attendra de vous que vous preniez position…

Ne cochez qu’une seule case :

□ J’aime les platanes du quai Veil-Picard (choix n°1)
□ Je suis favorable au futur tramway du Grand Besançon (choix n°2)

Petite mise en garde :

Dans le cas où vous opteriez pour le choix nº1, sachez que les tenants du choix n°2 vous considéreront comme un écolo-conservateur un brin naïf et carrément anti-progressiste. Vous gagnerez votre piédestal au poussiéreux musée des refuseurs d’avenir, où vous profiterez de la compagnie des opposants à la Tour Eiffel de 1889, des paniqués de l’an Mil et autres flippés du nucléaire (pourtant si bon si propre).
Bref, pour l’autre camp vous êtes un con.

Si c’est le choix n°2 qui a emporté votre suffrage, alors acceptez cette réalité : aux yeux des adeptes du choix n°1, vous ne valez pas mieux que les responsables de la déforestation en Amazonie. Vous n’êtes qu’un goudronneur sans cœur, un enlaidisseur urbain… Vous serez tenus directement responsable du quai sans platanes, des hausses d’impôts, des futures crues du Doubs et de la disparition des abeilles.
Donc pour l’autre camp vous êtes un salaud.

Pouf pouf… On en est là. Et on fait quoi maintenant ?

Et bien pour la première fois on propose aux habitants du Grand Besançon de prendre concrètement part à un choix concernant le tramway : celui de son habillage.
Bonne idée ! Beaucoup ont en effet regretté que le choix de ce futur mode de transport ait été effectué sans qu’on veuille bien les consulter.
Au moins, ils seront associés au choix de sa couleur !

Cette semaine, des modélisations de l’engin ont donc été présentées à la presse. Belle bête, plutôt racée.
Une face souriante diront « les choix n°2 ».
De petits yeux vicieux glisseront « les choix n°1 »
Dans un premier temps, trois habillages différents ont été présentés à la presse : blanc nacré, fuchsia et bleu turquoise.

Ce samedi, une quatrième et ultime livrée a été ajoutée. Cet habillage supplémentaire ne manquera pas de surprendre et sans doute de consoler les esprits chagrins puisque ce n’est pas d’une couleur dont il s’agit cette fois, mais d’une « texture » imitant… l’écorce de platane !
Incroyable idée dont l’objectif a n’en pas douter est double :

  • rendre un hommage appuyé aux platanes centenaires du quai Veil Picard « sacrifiés » sur l’autel du tramway naissant ;
  • jouer l’apaisement en offrant aux tenants du choix n°1 une contrepartie symbolique à l’abattage de ces arbres, tout en les invitant à adhérer au projet…

Les quatre habillages proposés pour le futur tramway du Grand Besançon


Et voici les modélisations représentant le tramway avec les quatre livrées proposées.

Les Grands Bisontins sont appelés à se prononcer dès le 18 avril prochain en différents lieux et par le biais de supports variés (coupons à découper, vote en ligne, etc).

Mais vous pouvez déjà donner votre avis en votant ci-dessous pour votre habillage préféré.


Léon

Léon, c’est le dernier. A moins que ce soit le premier.
Lui préfère d’ailleurs voir les choses comme ça : être en tête de cortège plutôt qu’en queue de peloton. Par amour-propre sans doute…
D’autant que Léon n’a pas toujours tenu la pôle position

En prenant des cernes, Léon est devenu un peu snob : il aime à se considérer comme le seul arbre de la place plutôt que comme le quatre-vingt-septième du quai.

C’est lui que l’on croise en premier quand on longe le Doubs depuis Battant. Il est aussi le premier à nous offrir son ombre généreuse quand le soleil plombe en été.

Sa situation lui offre une vue bien dégagée sur la place Jouffroy et sur le pont. Alors depuis toujours, Léon observe et il regarde la ville changer.


Et puis il y eut ces moments décoiffants qui rythmèrent son existence de souvenirs inoubliables…

1910. Le Doubs est monté si haut que le Pont Battant en fut presque submergé. Léon était encore si jeune. Il en conserva une crainte de l’eau et des caprices de cette rivière…
Dès lors, ses branches poussèrent plus volontiers dans la direction opposée.

Juin 1940, le Pont Battant : Boum !

Ce jour-là, il se souvient, ce fut comme un automne précoce. De nombreuses feuilles arrachées par le souffle. Les rescapées furent recouvertes d’une poussière jaune ; celle des pierres du vieux Pont presque deux fois millénaire.
Rien n’est éternel. Léon le comprit alors pour la première fois.

Et ce fut le début d’un hiver très long.


Quand le printemps revint, les Bisontins bâtirent un nouveau pont. Quelques arbres trop proches furent abattus. Pas éternels eux non-plus.
Et c’est ainsi que Léon devint le premier.

Quelques années plus tard, ce furent l’espoir et la colère de ce flot d’hommes et de femmes : les LIP.
Il les vit venir vers lui depuis la rue Battant, puis ils le dépassèrent.
A cet instant, Léon aurait voulu les suivre. Mais les racines ça vous retient.


Plus récemment est arrivé ce nouveau voisin avec ses drôles de racines.
Plus jeune, Léon l’aurait certainement considéré comme un rival sur ses terres. Mais aujourd’hui, il prend plaisir à observer la valse des passantes qui lui lancent des œillades complices, les enfants qui le touchent et lui parlent, les fêtards qui lui griment la face et le coiffent d’objets de toutes sortes.

Léon, ça lui fait des vacances…


Léon a été abattu le lundi 23 janvier 2012.
Les témoins présents sur place m’ont rapporté qu’il fut le premier du quai à tomber.

Léon en quelques clichés

De nouveaux arbres sur le quai Veil Picard ? Une promesse non tenable…

La promesse était ferme et prétendait répondre à l’émoi suscité par l’abattage annoncé des 87 platanes du quai Veil-Picard : d’autres arbres de 6 mètres de haut devaient être replantés le long du futur encorbellement du quai.

httpv://www.youtube.com/watch?v=NmEQQ1UVIJY
© CAGB

Voilà ce que Jean-Louis Fousseret annonçait le mercredi 30 juin 2010, schémas et modélisations à l’appui, aux 131 élus du Grand Besançon réunis en Conseil Communautaire afin de débattre puis de voter le projet de réalisation du futur tramway bisontin.

Au cours de cette séance, Françoise Presse, une élue appartenant au groupe « Verts », avait mis en cause la faisabilité technique d’une plantation d’arbres aussi hauts en bordure de l’encorbellement. Provoquant une réaction très vive de J.L. Fousseret.

httpv://www.youtube.com/watch?v=mCmJIp7WT64
© CAGB

Or aujourd’hui, l’affaire semble pliée : de ces fameux arbres de 6 mètres de haut nous ne verrons jamais le feuillage.  Les balades estivales sur le  quai Veil-Picard se feront sans ombre et plein sud. L’impossibilité technique de planter de grands arbres dans l’encorbellement est reconnue.
Cette information n’est pas un canular et elle  sera sans doute diffusée plus officiellement dans les jours ou les semaines à venir et les raisons de cette prise de conscience tardive ne manqueront pas de nous être expliquées.
Gageons toutefois que cela provoquera un émoi justifié chez les Bisontins.

En attendant, je propose un nouveau mot : encorbeller.

Encorbeller : (v.)  Se faire encorbeller. Synonyme : se faire endormir par une promesse sur un sujet qui fâche.
Exemple : les élus du Grand Besançon se sont fait encorbeller par des belles images de modélisation qui resteront virtuelles…


Ceci dit, je vous invite à relire cette anecdote sur la valse des images de modélisation de ce fameux encorbellement.
A la lumière de ces grands arbres que nous ne verrons jamais, cette anecdote devient très intéressante non ?

Réunions publiques d’information sur le tramway de Besançon : séance de rattrapage.

Vous n’étiez pas présent aux réunions publiques d’information sur le tramway bisontin…voici quelques enregistrements audio et vidéo réalisés lors de la réunion sur le tramway bisontin qui s’est déroulé au Kursaal le mardi 2 novembre 2010.
Vous y entendrez des questions posées par les personnes présentes et les réponses apportées par Jean-Louis Fousseret et d’autres élus du Grand Besançon.
Les enregistrements ne couvrent pas l’intégralité de la réunion mais constituent une base intéressante pour tous ceux qui n’ont pas pu se rendre à ces réunions. Pour information, il en reste quelques-unes.

L’accueil à l’entrée du Kursaal était assuré ce soir là par des membres du Mouvement Franche-Comté (fédéralistes), dont Jean-Philippe Allenbach qui distribuaient des tracts demandant l’organisation d’une consultation de la population sur le tramway.

Dans l’introduction de la réunion, Jean-Louis Fousseret a donc d’emblée apporté des éléments de réponse à cette demande qui lui avait déjà été faite lors des réunions précédentes par M. Allenbach. Il manque plusieurs minutes au début de cette intervention.

[audio:introduction_JLF.mp3]

Notons au passage le joli lapsus de Jean-Louis Fousseret qui termine son introduction en parlant d’une « commission d’enquête » alors qu’il s’agit simplement d’une réunion publique d’information…
Replay :

[audio:intro_commission.mp3]

Une vidéo de présentation du projet est ensuite diffusée. Elle a été filmée lors de la première réunion publique à Planoise par Yannick Olivier et n’est toujours pas visible sur le site du tramway bisontin.

httpv://www.youtube.com/watch?v=3aQiM2VaJmU
© Yannick Olivier

Arrive la première intervention dans le public. Celle d’un homme qui formule des remarques et des questions particulièrement franches (il manque quelques secondes à son intervention) :

httpv://www.youtube.com/watch?v=aGIvmajxAR4
© Yannick Olivier

Réponse de JL Fousseret :

httpv://www.youtube.com/watch?v=x8gyrN4y4Wk
© Yannick Olivier

Réponse de Gabriel Beaulieu, premier vice-Président du Grand Besançon :

httpv://www.youtube.com/watch?v=QgyFVb6G81w
© Yannick Olivier

La suite dès que possible…

Source : http://www.tramway-grandbesancon.fr

Le tramway bisontin passera finalement par… la Boucle !

Acte manqué ou jolie boulette, ce tracé longe bien le quai entre le pont Canot et le pont Battant mais… pas le bon puisqu’il passe à l’intérieur de la Boucle et n’emprunte d’ailleurs aucun de ces deux ponts…

Ouvrez l’oeil !

Détail du tracé du tramway bisontin entre le pont Canot et le pont Battant

Source : http://www.tramway-grandbesancon.frPour se faire un idée du véritable tracé, mieux vaut se référer à l’excellente vidéo présentant le parcours vu du ciel présente sur la même page du « Tram’Web« .

Mise à jour (samedi 9 octobre à 20h00)

Tiens, tiens… les grandes oreilles du Tram’Web sont attentives à ce qui se passe ailleurs sur le Net. Une rustine a été posée en urgence sur la page concernée et le tracé est désormais orphelin de sa Boucle… histoire de masquée la boulette. Désolé pour le technicien qui a dû intervenir en urgence durant ce week-end ensoleillé.

Tracé du tramway bisontin tel qu'il était présenté le samedi 9 octobre 2010 à 20h30 sur la page http://www.tramway-grandbesancon.fr/le-trace.html

Dommage, un petit message sous forme de clin d’œil aurait pu accompagner cette modification, histoire de montrer qu’il y a des vrais humains qui écoutent (y compris sur Facebook) et réagissent derrière cette belle machine bien huilée…
Un petit merci aussi pour celui qui a découvert la boulette ? Non, là ce serait sans doute trop demander !

Heureusement que pour les « archives du Net », j’avais pensé à effectuer une capture d’écran de la page non « rustinée ».

Capture de la page concernée ce vendredi 8 octobre 2010 à 23h30 :

Capture de la page en date du vendredi 8 octobre 2010 à 23h30

Mise à jour (dimanche 10 octobre à 20h00)

L’Est Républicain reprend la boulette dans son billet du dimanche 10 octobre sous la plume de Éric Daviatte.Billet de l'Est Républicain du 10 octobre 2010

Arbres, arbustes, bonsaïs… que verrons-nous verdir sur le Quai Veil Picard ?

Le mercredi 30 juin 2010, les élus de la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon réunis en Conseil communautaire ont débattu et se sont prononcés majoritairement en faveur du projet de réalisation du futur tramway bisontin : 104 voix pour, 26 contre et 1 abstention sur 131 votants.

Excellente initiative démocratique : cette (interminable) séance a été filmée et diffusée en direct et en streaming sur Internet. Il est désormais possible de la visionner sur le site du Grand Besançon. (durée : environ 5 heures). Le compte-rendu des délibérations est consultable ici (PDF).

La petite histoire

Les Bisontins connaissent la petite histoire de ce projet : l’opposition du Préfet au premier tracé qui traversait la boucle ; les prémices d’un autre tracé empruntant le quai Veil Picard ; l’émotion provoquée chez de nombreux Bisontins par l’abattage annoncé d’une partie des platanes longeant le Doubs (un groupe Facebook opposé à l’abattage compte à ce jour environ 4 500 membres) ; les Verts annonçant qu’ils voteraient contre…

Dès le 25 juin, le projet définitif est présenté avant d’être soumis au vote. Il intègre une nouvelle structure : un encorbellement jouxtant le quai Veil Picard et permettant l’aménagement d’une promenade d’environ 300 mètres de longueur en surplomb au dessus du Doubs.

Une image de synthèse illustre ce nouvel aménagement. L’alignement d’arbres de taille moyenne que l’on y voit laisse à penser que l’on a pris en compte l’émotion suscitée par la disparition annoncée des platanes.

De nouveaux arbres devraient donc s’élever le long de cet encorbellement.

Lors du Conseil communautaire du 30 juin, le Président de la C.A.G.B. ((Communauté d Agglomération du Grand Besançon)), Jean-Louis Fousseret, présente cet aménagement et garantit sa faisabilité technique :

© CAGB

Il confirme l’impression donnée par l’image : les arbres plantés le long de l’encorbellement mesureront six mètres de haut.
J.L. Fousseret laisse entendre que ce choix est une réponse à l’émoi suscité dans la population :

© CAGB

« Cette vue avec ces arbres est un leurre pour faire vendre mieux un tracé et techniquement je dis que ceci ne passera pas car les arbres ne pourront pas vivre. »

Lors de sa prise de parole, Françoise Presse, élue appartenant au groupe « Verts », vient mettre en cause la faisabilité technique d’une plantation d’arbres aussi hauts en bordure de l’encorbellement.
Mme Presse est conseillère municipale à Besançon et adjointe au Maire chargée notamment des espaces naturels, des espaces verts, de la biodiversité, de la prévention des risques urbains et du parc botanique.
Voici son intervention ((extrait commençant à 3h 54min 30 s)) :

© CAGB

Le moins que l’on puisse dire est que la réaction de J.L. Fousseret est à la hauteur du doute instillé par l’élue Vert(e).
Se basant sur des éléments techniques obtenus « des services », Françoise Presse affirme que les arbres ne pourraient pas survivre dans la structure telle qu’elle est présentée sur ce plan en coupe (pas d’image en meilleure résolution, désolé) :

« Techniquement, je dis que ceci ne passera pas parce que les arbres ne pourront pas vivre (…)
Regardez très bien ce système racinaire avec des racines qui devront partir d’un seul côté sous la chaussée et qui, de l’autre côté, tombent dans la construction. Ce genre de végétal n’existe pas. »

« C’est la même photo mais elle est simplement réduite pour entrer dans le cadre imparti. »

Quelques jours plus tard, le 8 juillet, se tenait un Conseil municipal au cours duquel les élus bisontins étaient appelés à se pencher sur un avis concernant le projet de révision du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur du Quartier Battant. Révision qui doit permettre à terme la suppression de l’Espace Boisé Classé des quais Veil Picard et de Strasbourg. Étape obligatoire avant l’abattage d’une partie des arbres concernés.

Nouvel échange entre Mme Presse et le Maire de Besançon (extrait du compte-rendu des délibérations) :

«Mme Françoise PRESSE : (…)D’autre part j’ai pu voir dans le BVV qui vient de sortir qu’il y avait à nouveau cette image que j’avais commentée la semaine dernière, mais cette fois-ci les arbres ne font plus 6 m mais 3 m, ce qui met bien en valeur…
M. LE MAIRE : C’est la même image !
Mme Françoise PRESSE : …la beauté des poteaux. Je serai assez vigilante sur ce dossier mais j’y travaillerai en concertation avec les services dans un esprit constructif…
M. LE MAIRE : Mais j’espère bien !
Mme Françoise PRESSE : … ce qui n’empêche que je vais voter contre.
M. LE MAIRE : C’est la même photo mais elle est simplement réduite pour entrer dans le cadre imparti.
Mme Françoise PRESSE : Sauf que les poteaux curieusement dépassent largement !
M. LE MAIRE : Il n’y a pas deux photos c’est la même. Quant à l’étude phytosanitaire je pense que c’est le service des Espaces Verts qui a dû la faire avec l’ONF. L’agglomération vous la donnera, c’est tout à fait normal. Il y a je crois une vingtaine d’arbres qui sont en mauvais état, peut-être moins mais ce n’est pas pour cela qu’on les coupe. Ils ont été tomographiés, passés au scanner.

Quelle est donc cette image mystérieuse aperçue par Françoise Presse dans le BVV et qui montrerait des arbres bien différents de ceux annoncés en Conseil communautaire ?

La voici (page 13 du BVV de juillet-aôut 2010) :

(page 13 du BVV de juillet-aôut 2010)

L’image n’est pas la même contrairement à ce qu’affirme Jean-Louis Fousseret et le cadre imparti n’y est pour rien.
Le Maire de Besançon semble ne pas s’en être aperçu en feuilletant le BVV.
Voici les deux images superposées.

Passez votre souris sur l’image pour passer de l’une à l’autre.

La première image est celle qui a été présentée à la presse dès le 25 juin (voir le dossier de France 3 Franche-Comté) puis aux délégués communautaires lors du vote du 30/06.
La seconde image (parue dans le BVV de juillet août) représente la même perspective vue du même point de vue mais la voie cyclable n’y apparaît pas. Les arbres quant à eux y sont remplacés par de petits arbustes loin de mesurer les 6 mètres annoncés. Je n’ai trouvé qu’une seule autre « trace » de cette seconde image : Macommune.info l’utilisait pour illustrer son article du 26/06 … avant d’employer l’autre dans son article du 1/07.

J’ai contacté le rédacteur en chef du BVV par e-mail pour lui demander si la publication de cette seconde image correspondait à une coquille ou à un choix délibéré. Il m’a répondu qu’il transmettait ma question à la Mission Tramway de la CAGB qui ne m’a à ce jour pas encore répondu. J’actualiserai en fonction de la réponse.

En attendant, voici une hypothèse très subjective : l’image la plus ancienne est celle présentant les arbustes. Elle a été légèrement modifiée en vue d’offrir aux délégués communautaires, à la presse et à la population une contrepartie aux craintes de « minéralisation » intensive du quai Veil Picard… De vrais arbres donc, aptes à remplacer feux les platanes. Et puis une voie cyclable bien intégrée sur l’encorbellement et qui ne saurait déplaire aux élus Verts hésitants.

Si l’on ne doute pas de la possibilité d’intégrer une voie cyclable sur le futur Quai Veil Picard, espérons que les craintes de Françoise Presse ne se confirmeront pas et que les arbres promis ne se transformeront pas en arbustes ornementaux. A suivre donc.

excellente initiative démocratique